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Biographie

On ne sait si cette formation est faite pour durer mais elle a tout pour attirer l'attention ! Voilà quatre vengeurs masqués issus de la scène Punk-Rock-Ska-HxC hexagonale qui s'en prennent au répertoire de la variété française de nos 40 dernières années. Avouez que le pari semble risqué mais c'est pourtant celui que Opium Du Peuple veut relever : reprendre et corriger à sa manière de fameux tubes, de Jacques Brel à Rita Mitsouko. Et le résultat a pris forme fin février avec la sortie de Sex, drugs & variété, recueil de leurs travaux, avant que la formation ne se lance sur les routes…
Mais qui se cache là derrière ? Lorsqu'ils jouent pour le compte de Opium Du Peuple, les quatre lascars se dénomment Slobodan (chant), Tronçonneuse (guitare), Le Cas (basse) et Machine (batterie). Mais après enquête en bon et du forme, il semblerait que les postes soient occupés respectivement par Guillaume (Condkoï), Angelo Papas (Dirty Fonzy), et deux membres de Skunk, Kristof et Iñaki.
Attention, ceci est un hold-up ! Le fond de commerce de la variété française se fait dévaliser sous vos oreilles par le quatuor le plus surveillé du moment. Evadés de leurs formations originelles, les quatre de l'Opium Du Peuple ont fait le mur de leur centrale carcérale et ont réussi leur coup, puisque très méticuleusement préparé.
Même si quelques morceaux originaux me sont inconnus de ce Sex, drugs & variété ("Là bas" de Goldman, "Je suis un homme" de Polnareff) l'entreprise de transformation massive de titres de la variété française en brûlots punk-rock fonctionne à merveilles ("Le sud" de Nino Ferrer, "Lily" de Pierre Perret) et démontre aussi une relative aisance de certains titres à se faire refaire le plastron ("Les bourgeois" de Jacques Brel et "L'amour en mer" de Philippe Lavil en tête).
Ainsi, avec cet album, Opium Du Peuple balance Bourvil et "La tactique du gendarme" dans une bagnole à 150 à l'heure, fait ingurgiter des amphét' à la "Lily" de Pierre Perret, envoi à la baston "Les histoires d'A" de Rita Mitsouko, transforme le dandy Nino Ferrer en mauvais garçon ("Le sud"), fait pogoter Pierre Vassiliu dans le pit en se demandant "Qui c'est celui là", enfile un cuir à Renaud ("Marche à l'ombre") et à Coluche ("Sois fainéant") (ah, déjà vu, ça !), pousse "Les bourgeois" de Jacques Brel sur un skate et nous réconcilie avec les choeurs de "T'as beau pas être beau" (Louis Chedid) ! Et se trouve aussi "Stewball", expédié en moins de temps qu'il ne faut pour siffler un litron de mousse ou s'enfiler dans un meeting de l'UMP (hein, Hugues Aufray).
Point d'orgue de Sex, drugs & variété, ultimes moments de sueur goût mascara, j'ai nommé "Punkrockollection", adaptation de "Rockollection" des compères Voulzy & Souchon, l'increvable duo de la variétoche bien-pensante qui a au moins eu le mérite de pondre ce pot pourrit en… 1977, pardi ! Revenons-en à notre Opium Du Peuple et plus précisément à "Punkrockollection", morceau revisitant pendant 5 minutes les 30 ans du punk, sous ses diverses composantes, des Ramones aux Sheriffs en passant par "Kill all the white men" de No-Fx, "White riot" des Clash, "Kill the poor" des Dead Kennedys, la "Porcherie" de Bérurier Noir et la "Cayenne" revue et corrigée par Parabellum qui me fait dire que Opium Du Peuple débute parfaitement son mandat de représentant de "l'Anarchie en Sarkozie".

Il y a quelques temps de ça, Opium Du Peuple avait réalisé un joli coup avec son premier album de covers punk, "Sex, Drugs & Variété" chez Enragé Prod. Et même si les reprises de standards de la chanson à la sauce punk ne sont pas nouvelles (on se souvient de "Poupée De Cire" par Wizo sur la compilation "Paris Dernière Vol.3" ou par Oberkampf, parmi tant d'autres…), Opium Du Peuple avait réussi à dégager une bonne dynamique grâce à son line up d'expérience composé de membres de Condkoï, Dirty Fonzy ou Skunk, des dates d'une rare intensité (Ah ! Ce concert à L'Autan à Toulouse en 2007…) et un choix judicieux dans ses covers ("Le Sud").
Mais contre toute attente, alors que l'on croyait avoir à faire à un side project uniquement pour le live sans avenir discographique, voilà que le groupe revient sur le devant de la scène avec un second album, "Best Off", sur Dirty Witch Records…

…et encore une fois Opium Du Peuple va revenir avec son lot de chanteurs vraiment morts (Barbara, Pierre Bachelet, Claude François, Charles Trenet, Joe Dassin…), artistiquement morts (Lorie, Maxime Leforestier…) ou parfois dans un état comateux suite à des opérations chirurgicales tendue du string (notre Johnny national à nous, qui a failli rester sur le carreau…).
C'est "Thunder Stick" (en fait l'intro de "Thunderstruck" super mal joué…une manière de faire un clin d'œil à Condkoï qui reprenait souvent ce morceau à la fin de ces concerts ?) qui va lancer le début des hostilités en enchaînant directement sur un "Que Je T'Aime" nerveux à souhait qu'on avait déjà pu découvrir lors des concerts du groupe.
Tout comme sur "Sex, Drugs & Variété", Opium Du Peuple ne pas dévier d'un iota sa ligne directrice de désossement punk de morceaux en les remettant au goût du jours (on a beaucoup moins envie de se suicider à l'écoute de cette version de "Les Corons", on a presque envie de danser sur "L'Amérique" et on ne résiste pas au terrible "L'Aigle Noir" agrémentée de cuivre façon western mariachi…)

Et même si Opium Du Peuple reste parfois prisonnier de son matériau de base (la chanson d'origine, quoi), il va réussir cependant à dégager des attaques assez singulières et ainsi développer ses reprises sous un autre prisme de vision ("J'ai Besoin D'Amour", "Je Chante", "Pour Que Tu M'Aimes Encore").
Qui plus est, le groupe va agrémenter son tracklisting d'interludes ("Thuder Stick", "Satan L'Habite", "Paul Emploi") pour permettre garder une bonne dynamique au travers de "Best Off". Un joli coup, qui mine de rien, permet de garder l'attention de l'auditeur du début à la fin du disque…
Mais le tour de force d'Opium Du Peuple sera de faire venir quelques invités de marque pour donner à ses reprises une nouvelle teinte plus appuyée ("Le Téléphone Pleure" avec un Didier Wampas excellent au côté de "l'enfant" Slobodan), ("Chanson Pour L'Ethiopie" avec toute une pléiades de "stars" qui viendront pousser la chansonnette comme Reuno de Lofofora, Shultz de Parabellum, Forest et Anita d'Annita Babyface And The Tasty Poneys, Motor Ed des Uncommonmenfrommars, Niko de Tagada Jones, Fetus et Flockos d'Ultra Vomit, Damien des Bad Chickens, Riko de feu ISP, El Conservator de Ta Gueule…).
Enregistré et mixé un peu partout et à des périodes différentes en fonction des emplois du temps de chacun, "Best Off" n'en reste pas moins un disque très équilibré et capte à merveilles les ambiances délurées d'un Opium Du Peuple qui signe ici un second disque maîtrisé de bout en bout.

En fin de compte, même si Opium Du Peuple ne crée plus trop vraiment la surprise avec ses reprises punk de "classiques" de la chanson frââânçaise, le groupe a su trouver un second souffle grâce à ses guests de luxe et à la bonne dose d'énergie qui suinte au travers du disque. "Best Off" passe les doigts dans le nez le difficile cap du second disque, et place par là-même Opium Du Peuple comme un projet à la fois complètement barré et sérieux dans sa démarche.
Inutile donc de vous dire d'acheter ce disque et d'aller voir le groupe en concert, car ODP est avant tout un groupe de scène !

PS : J'espère qu'Opium Du Peuple prépare activement de nouvelles reprises car il y a de grands oubliés de la chanson française comme Mike Brant ou Carlos ! Putain, Carlos, quoi…

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