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Une petite In The Fishtank session, rien de tel pour étoffer la discographie d'un groupe sans se méprendre sur la qualité. De plus, Karate se voit offert une galette pour lui tout seul, de quoi s'en mettre plein la panse et éventuellement découvrir leur musique sous l'angle de la reprise et de la diversité : Un grand classique du jazz, un morceau du grand de la musique folk, quatre morceaux des grands gus de Minutemen, etc… Karate était sans contexte un grand polymorphe de grand grand talent.
Le grand classique c'est le fameux "Strange Fruit", hymne déchirant sur la pendaison des hommes noirs dans la vieille amérique, dont il est impossible de surpasser les vieilles interprétations de Billie Holliday ou Nina Simone. Le trio s'en sort avec les honneurs, tout en simplicité et chorus de guitare bluesy. Cela tranche de suite avec le bref et agité "Only Minority" des Minutemen, sans pour autant délier l'univers épuré et jazzy de la formation, puis s'enchaîne impeccablement avec la tournerie pop du "Tears Of Rage" de Bob Dylan.
A cet instant-ci, on constate avec bonheur à quel point la formule nue et simplette du groupe, la voix sans le moindre excès et l'absence totale d'aspiration mégalomane sont les meilleurs atouts de leur musique. Un trio qui fait trois fois rien peut étonnement arriver à tout, ici c'est le cas et on en revient jamais vraiment.
Le reste de la galette est de même envergure, l'association d'idée a apparemment voulue que le trio revienne sur du Minutemen avec une chanson portant le nom de l'auteur de la précédente. "Bob Dylan Wrote Protest Songs" attaque alors la branche punk du disque, d'abord cru avec ce titre, puis lorgnant du côté d'un Fugazi au bord du funk avec l'entraînant "Need A Job" de Beefheater. Viennent ensuite deux autres perles signées à l'origine par Minutemen : "This Ain't No Picnic" et "Colors". La première est incisive et dansante, la seconde est réfléchie et mélodique.
A cet instant-là, on se dit que Karate devait vouer un culte immense à Minutemen : 4 reprises de leur répertoire, ce n'est certainement pas une coïncidence, et on se doute que le trio ai voulu justifier son admiration avec les relectures de ces titres effectivement autant intéressants qu'éloignés les uns des autres. La richesse d'un héritage impressionnant…
La session se referme dans la beauté toute en souplesse d'un "New Jerusalem" pioché des cahiers de l'ancien Talk Talk Mark Hollis. Rien de mieux pour clouer définitivement ces vingts petites minutes de bonheur à nos crânes assoiffés de cet art martial sonore.

Ça peut paraître dérisoire une petite session comme celle-ci, mais parfois ça nous fait nous rendre compte de beaucoup de choses. Ici c'est clair : Karate était un des plus grands groupes de rock pudique. So long and thanks for the tunes…

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