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Biographie

  • Né(e) le

    1967 (âge 51)

  • Né(e) en

    Suresnes, Hauts-de-Seine, Île-de-France, France

« J’aime bien les histoires drôles et tristes à la fois, comme dans les films italiens des années 60. Mais dans la musique il ne faut jamais faire de pathos. Alors je fais rire et pleurer à la fois, toujours sur la frontière. Je suis un mauvais poète, mais un bon musicien. » (Camille Bazbaz)
Ça se passe dans le premier titre de « La Chose », cinquième album signé Camille Bazbaz. La chanson s’intitule « Insectes ». Au premier degré, c’est une pop song aimable, un morceau qui se siffle. Arrangements de cuivre fastueux comme chez Curtis Mayfield, rythmiques délicatement reggae, piano recrachant l’école pop de Liverpool, année 1967.
Sauf que voilà, sous le costume pop, il plane un nuage de cafard. Une sensation punk. Qu’entend-on dans « Insectes » ? « Je suis une enfance de mouche. Je suis une violence qui pleure et qui louche. Et même si j’ai tort, je crache sur la mort.»
Camille Bazbaz est un performer et crooner de premier plan. Une bête de live nominée aux Victoires de la musique dans la catégorie « Révélation scénique ».
Passons maintenant au doux-amer, au refus de marcher droit. Bazbaz est, aussi et surtout, le genre de type qui refuse de se laisser enfermer dans ces boîtes hermétiques qu’a inventé l’industrie du disque pour tuer dans l’œuf toute déviance. Quand on l’interroge sur son métier de musicien, le garçon hirsute et mal rasé, vous fixe avec l’œil noir : « Je me fais mal quand j’écris, mais je prend mon pied aussi ! » Un angoissé, un outsider qui a pris le temps d’enrober sa rage et ses doutes dans une musique soyeuse.

Bazbaz est un des rares artistes d’ici à revendiquer un héritage métis. Il butine la soul des années Stax, en mettant bien en avant le potentiel mélancolique de cette école d’écriture. Pour l’album « Le Bonheur Fantôme », sorti en 2007, Camille Bazbaz va même réaliser le rêve de tout fan érudit de Serge Gainsbourg. Pour cela il plonge ses chansons dans le reggae de Kingston en compagnie du batteur Sly Dunbar, du bassiste Robbie Shakespeare et du guitariste Earl Smith.
Au nom de cet équilibre instable Bazbaz est devenu un insaisissable dans le paysage hexagonal : disque d’or pour l’album « Sur le bout de la langue » (2004), compositeur attitré des bandes originales des films signés Pierre Salvadori (« Comme elle respire », « Après vous », « Hors de prix »). Pour autant ce franco libanais reste un petit punk indocile jusque dans les tréfonds de son âme.
Déjà, le garçon a fait ses premières armes au sein de la très enragée fraction alternative du rock national.
C’est avec Le Cri de la mouche, d’abord, puis en compagnie des énervés Les Satellites qu’il appréhende son métier de musicien. Cet apprentissage à la marge continuera à le marquer au fer rouge. Tout comme cette collaboration avec la moitié de Suprême NTM, JoeyStarr, qui pose des lyrics rap fiévreux sur, « Dubadelik » (1996), le premier album solo de Camille Bazbaz. Voilà. Nous sommes ravis d’avoir fait voler en éclat le portrait d’un musicien sans aspérité. Ceux qui cherchaient un Mathieu « M » Chédid sans le costume rose en seront pour leurs frais.
Les 11 titres de « La Chose » confirment l’impression ténébreuse. Ils disent que l’amour peut être une souffrance. Ils parlent de sexe avec crudité et poésie: « La chose c’est mon truc, le truc c’est mon tic. Il doit y avoir un hic et l’amour, c’est biblique » (« La Chose »). Ce disque balance des constats amoureux glaçants : « Mon corps est là à côté de toi, mais tu n’en veux pas. Il y a comme un froid » (« Sirènes »). Tout ça est jeté au ciel avec la désinvolture des dandys qui savent bien qu’on meurt plus souvent à l’amour qu’à la guerre. Mine de rien il y a du Bashung dans cette façon de faire passer le spleen et la violence en contrebande, planqués derrière les mélodies.
Il faut goûter à « La Chose » comme on s’infuse son Gainsbourg à cran de la période « Mauvaises Nouvelles Des Étoiles » (1981). En 2010, voilà le cri de ralliement : aux larmes etc, cher petit peuple de la pop française.

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