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Biographie

La chanteuse américaine Stephanie Mills, née le 22 mars 1957, a commencé sa carrière par la comédie musicale, d'abord au théâtre Apollo à l'âge de neuf ans. Elle a joué dans la pièce broadwayienne Maggie Flynn, a fait des tournées avec les Isley Brothers puis a lancé son premier album en 1973 chez Paramount (Movin' in the right direction). Elle est surtout connue pour avoir jouée de 1975 à 1979 Dorothy dans The Wiz à Broadway, rôle qu'elle reprendra par la suite. Fin 1975 Jermaine Jackson la remarque et elle est engagée à la Motown. Elle y sortira un seul album, For the first time, réalisé par Bacharach et David. Il est d'ailleurs intéressant de voir que c'est une autre star de la Motown, Diana Ross, qui jouera Dorothy dans la version filmée alors que Mills semblait parfaitement indiquée. For the first time, le mal nommé, est un album de reprises assez peu indiqué pour une adolescente au début de sa carrière. Les titres sont dans le style de Warwick et seul«This empty place» échappe à la guimauve.

Son succès comme chanteuse sera cependant postérieur, quand elle s'orientera vers une carrière de chanteuse soul chic avec des productions rappelant Phyllis Hyman (autant par la voix que le style d'arrangements). Son album majeur est What cha gonna do with my lovin' superbement réalisé en 1979 par James Mtume et Reggie Lucas (n°12 R&B et n°22 pop). La très bonne chanson «What cha gonna do with my lovin'», classée n°8 R&B et n°22 pop, sera éditée en remix long. Un titre encore meilleur est «Put your body in it», rallongé pour servir de face 2 au 12” de «What cha gonna do with my lovin'». Le sommet de l'album est cependant «You can get over» (n°55 R&B et n°101 pop), dans le même genre que les deux autres, entre disco pré-funk et harmonies broadwayiennes. Ce titre édité en 45 tours et en remix long (superbe) a une face 2 inédite, le charmant «Better than ever» tiré du film Starting over. «Put your body in it» et «You can get over» se classent conjointement n°8 disco. On trouve aussi sur l'album «Don't stop dancin'» qui n'est bon que par l'énergie de la chanteuse, l'accompagnement entrechoqué ayant plutôt mal vieilli. De nombreux slows melliflues sans intérêt accompagnent ces morceaux de danse. Passe encore pour «Starlight» au rythme encore assez percutant. Mais le reste («Deeper inside your love», «You and I», «Feel the fire») est assez éprouvant. La particularité de Mills réside plus dans son phrasé que dans sa voix elle-même. Tout en ayant un timbre agréable et une puissance vocale non négligeable, Mills est surtout remarquable par son expressivité, qui arrive à transcender des productions qui ne seraient que passe-partout par ailleurs.

En 1980 elle sort Sweet sensation, avec les mêmes réalisateurs artistiques (n°3 R&B et n°16 pop). Le bon «Sweet sensation», dans la lignée de «Put your body in it» est classé n°3 R&B et n°52 pop, aidé par un remix long. Le gros succès de l'album est néanmoins «Never knew love like this before», n°12 R&B, n°6 pop, n°5 adulte et vainqueur d’un «Grammy». Cette chanson qui vise ouvertement le marché blanc, annonce «Borderline» de Madonna (1983) et «Desire» de Randy Crawford (1986). Stephanie Mills ne fait d'ailleurs pas du disco comme ses congénères mais plus un R&B plombé au goût du jour. «Sweet sensation» et «Never knew love like this before» se classent n°5 disco.

Après un bref mariage avec Jeffrey Daniel de Shalamar, elle sort en 1981 un troisième album réalisé par Mtume et Lucas, Stephanie (n°3 R&B et n°30 pop). Ce disque est par contre sans intérêt, à l'image du simple, un duo avec Teddy Pendergrass, «Two hearts», classé n°3 R&B, n°40 pop et n°82 disco. C'est le commencement de la fin pour la collaboration entre Mills et Mtume-Lucas. «Two hearts» a bien le rythme approprié -funk lent-, la petite intro-marque de fabrique mais est dépourvue de réelle personnalité. L’autre simple est «Night games» n°33 R&B.

Après ces albums 20th Century Fox, elle passe chez Casablanca chez qui elle publie Tantalizingly hot (n°10 R&B et n°48 pop), à la pochette à l'image du titre (1982). On y trouve le poussif «Keep away girls» (n°13 R&B) et une reprise moyenne de «I can't give back the love I feel for you» de Ross réalisés par Ashford & Simpson. Certaines chansons sont les dernières productions Mtume / Lucas pour Mills comme les bons «True love don't come easy» et le simple «You can't run away from love» (n°59 R&B et n°15 dance remixé en version longue par Steve Thompson et Michael Barbiero). Ils réalisent aussi «Last night» (n°14 R&B). Mtume et Lucas ne sont plus aussi inventifs que par le passé et ne font que de l'auto-citation ou de la citation tout court -particulièrement pour «You can't run away from love» avec sa structure de base rappelant «Put your body in it» et ses accents rappelant Chic ou Change. Paradoxalement Mtume sortira en 1983 un simple excellent sous son propre nom, «Juicy fruit».

Suit en 1983 le très mauvais Merciless (n°12 R&B et n°104 pop) et le simple «How come u don't call me anymore» (n°12 R&B), reprise de la face 2 de «1999» de Prince. Les réalisateurs artistiques en sont Gary Klein et David Wolfert, avec Charles Koppelman en producteur exécutif, équipe habituelle de Streisand, ce qui veut tout dire : ils vont jusqu'à la faire crier au-delà des limites du supportable. Une seule chanson surnage, «Pilot error», à l'intitulé explicite. Cette chanson est éditée en simple et connaît un remix long (n°3 dance et n°12 R&B). Cette même année, Mills a une émission télévisée sur la chaîne NBC.

Mills se rachète en 1984 avec I've got the cure (n°10 R&B et n°73 pop) et la tonique réalisation de Hawk «The medicine song» (n°8 R&B et n°65 pop) qui marque son virage funk-FM. Ce titre, un des plus réussis de sa carrière, est aussi un de ceux où elle déploie le plus les tonalités graves de sa voix, arrivant ainsi à des effets des plus agréables. Autre titre agréable de l'album : le slow-FM «In my life», co-écrit par Patrick Leonard. Un énième petit slow l'accompagne, «Everlasting love», réalisé parGeorge Duke, avec les Weather Girls aux chœurs. On ne peut cependant pas dire que la réalisation artistique de George Duke soit mémorable. «The medicine song» a connu un remix de Mark Berry assez déroutant, qui ne remplace pas la version lp en qualité. Le second simple, «Edge of the razor» s'est classé n°47 R&B en 1985 et a aussi été édité en 12” (n°14 dance).

Sa période 1979-1984 fait l'objet entre autres de deux compilations : la première parue en 1987 s'intitule In my life et ne reprend que des versions lp dans l'ordre suivant : «In my life», «Put your body in it», «Two hearts», «Feel the fire», «Never knew love like this before», «The medicine song», «What cha gonna do with my lovin'» et «Sweet sensation». En 1995 sort la peut-être plus intéressante The best of Stephanie Mills : on y retrouve les hits, dont trois en version longue (»What cha…», «Put your body…» et «Sweet sensation» mais malheureusement pas «You can get over») et de nombreux slows. On y trouve d'ailleurs tous les titres de son album de 1979 sauf «Don't stop dancin'». «12” gold» réédite «The medicine song» avec en face 2 «Never knew love like this before».

En 1985, Mills passe chez MCA où elle continue à adapter sa musique au goût du jour. elle participe d’abord à la B.O. du film Fletch. La chanson «Bit by bit» est éditée en simple et elle se classe n°52 R&B et n°78 pop. Dans les classements de musique de danse elle est n°14 en ventes de maxis et n°15 «Club play».

Son premier album chez MCA, Stephanie Mills (1985) est celui qui a le plus vieilli. Il n'est pas mauvais comme Merciless mais simplement trop daté dans la production (George Duke, Nick Martinelli, Ron Kersey et surtout Richard Rudolph et Rod Temperton). Le simple en sera «I've learned to respect the power of love», classé n°1 R&B deux semaines au printemps 1986 malgré une certaine boursouflure. Le simple suivant est «Rising desire» n°11 R&B durant l’été 1986. L’album se classe n°4 R&B et n°47 pop. Les deux chansons sont classées conjointement n°22 en ventes de maxis. Suit «Stand back», n°15 R&B, n°7 «Club play» et n°32 en ventes de maxis.

Son album de juin 1987, If I were your woman aura plus de succès (n°1 R&B et n°30 pop) avec les simples «I feel good all over» (n°1 R&B trois semaines au printemps, n°22 en ventes de maxis, réalisé parNick Martinelli), «(You're puttin') A rush on me» (n°1 R&B et n°85 pop à l’automne, réalisé parPaul Laurence), «Secret lady» (n°7 R&B fin 1987, réalisé par La La) et «If I were your woman» (n°19 R&B au printemps 1988, réalisé par Ron Kersey). C'est un bel album mais un peu décevant car presque composé uniquement de ballades. Un très bon funk cool néanmoins, «(You're puttin') A rush on me» édité en remix et classé dans les charts de musique de danse (n°23 «Club play» et n°15 en ventes de maxis). «If I were your woman» est une reprise de la chanson que Gladys Knight avait chantée en 1971 ; Mills s’en sort assez bien mais sa version synthétique ne remplace pas celle de Knight malgré des chœurs au parfum gospel. «I feel good all over» enfin, était à l’origine une chanson proposée à Patti LaBelle, une autre chanteuse de MCA.

En 1989 elle sort Home (n°5 R&B et n°82 pop), retour à Broadway avec la chanson-titre, et les simples «Something in the way (you make me feel)» -réalisé parAngela Winbush- et «Comfort of a man» -réalisé parLeMel Humes. C'est encore un album majoritairement de slows, bien réalisé mais décevant de par sa définition même. «Something in the way…» s'en sortirait plutôt bien, malgré tous les tics de production d'Angela Winbush. Ce titre a été édité en versions remixées. Sa version de «Home» est tout à fait convaincante et Mills en arriverait presque à transcender la boursouflure originelle du titre. Elle renvoie en tous cas la version de Ross pour le film de 1978 au rayon de la soupe en gros. Les chansons se sont classées comme suit : «Home» n°1 R&B et n°48 dance, «Something in the way…» n°1 R&B, «Comfort of a man» n°8 R&B et «Real love» n°53.

Durant les années 80 Mills a eu un grand succès mais l’’inconvénient de ses disques est qu’ils sont trop marqués par l’utilisation des synthétiseurs ce qui enlève une grande part d’âme à sa musique. Ceci est d’ailleurs une constante chez les chanteurs de R&B de l’époque.

Après avoir participé à «Lift every voice and sing» de Melba Moore (1990), Mills sort en 1991 l'album Christmas, une bonne surprise. Mills ne fait pas dans le dégoulinant que l'on attend de ce genre de productions mais plus dans le new jack. Elle co-réalise la majeure partie des titres avec une équipe d'inconnus : Donald Lawrence, Steve Barri, Tony Peluso et Rodney Barber. Narada Michael Walden lui réalise une chanson (»Merry christmas») avec Louis Biancaniello comme réalisateur artistique associé et BeBe Winans lui écrit et produit le sans intérêt «Love is to listen».

En 1992, pour Something real (n°22 R&B), elle retrouve Lawrence, Peluso, Barber et Barri, auxquels s'ajoutent Vassal Benford, Kenny Harris et Dave «Jam» Hall. Elle ne co-réalise que quatre chansons mais reste producteur exécutif. Les productions les plus réussies sont celles de Vassal Benford, qui co-écrit, joue des synthétiseurs et fait les arrangements vocaux de «Never do you wrong» et «All day, all night». «Never do you wrong» (le second simple, classé n°33 R&B et n°30 dance) s'ouvre sur un sample de «Never knew love…», et inclut aussi un sample de «Give me the night» de Benson. Quant au premier simple «All day, all night» (n°20 R&B), c'est le meilleur titre de l'album. Le reste est tout à fait honorable et ne fait pas trop la part belle aux ballades. On y trouve aussi le pâlot «All in how much we give» thème du film Tom & Jerry.

En 1994 elle sort un bon disque de gospel chez GospoCentric, Personal inspirations (n°8 gospel). En 1999 elle sort le simple «Latin lover» chez MAW. En 2000 elle chante «Everyday» avec BeBe Winans (sur l'album de ce dernier Love and freedom). En 2001 elle est samplée sur «When I'm nothing» de DMX.

En 2004 elle sort enfin un album, Born to this. Il s'agit d'un lp de R&B aux sonorités hip-hop. Il se classe n°25 R&B.

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